31 août 2009
La Lainière de Roubaix
Plongée au cœur d'un passé encore présent
Ils étaient environ 80, réunis hier à 10 h devant la Boîte à Musiques, à la limite de Wattrelos et de Roubaix. Pour les accueillir, Rita Catena, de l'office de tourisme wattrelosien, qui a mené cette visite en compagnie d'une mémoire vivante de la lainière : Georges Dubois. L'histoire personnelle de cet habitant du quartier et ancien employé de la Lainière, est intimement liée à celle du site.
Hier matin, on s'est d'abord arrêté face à la friche Amédée-Prouvost. C'est de là que tout est parti, avec la création du peignage Amédée en 1851. Rue du Fort, d'abord, puis rue de Cartigny en 1893, et enfin vers Wattrelos en 1925. Aujourd'hui, la partie wattrelosienne a été rasée,
mais les bureaux, côté Roubaix sont toujours debout. « C'est ici que l'on travaillait la laine après la tonte », nous rappelle-t-on. Cette laine, venue de Nouvelle-Zélande, d'Australie ou encore d'Amérique du Sud, était donc triée, puis lavée et peignée avant de partir en filature.
À deux pas de là, justement, sera érigée la filature de la Lainière. C'est Jean Prouvost, le petit-fils d'Amédée, qui lance l'entreprise en 1911, avec 300 ouvriers. Passée la « parenthèse » de la Première Guerre mondiale, et l'entreprise va se développer rapidement, jusqu'à atteindre une renommée mondiale. En 1927, c'est ici qu'est née la fameuse marque Pingouin. Rita Catena nous confie l'anecdote : ce nom a été choisi par « un collaborateur de Jean Prouvost, dont le fils lisait une bande dessinée très en voguer à l'époque, Zig et Puce, dans laquelle figurait le personnage d'Alfred, un pingouin ».
En 1950, ce sera le lancement des chaussettes Stemm, dont Eddy Mitchell et ses Chaussettes noires vanteront un temps les mérites. « 750 000 paires sortaient de l'usine à l'époque, raconte Georges Dubois. Et l'on pouvait faire 40 fois le tour de la Terre avec la longueur de fil produit chaque jour à la Lainière. » À force de se développer, l'endroit est devenu « une ville dans la ville ». « Tout était surdimensionné. Rien que la filature 51, c'était une salle de 16 000 m² où travaillaient 1 100 personnes ! » La Lainière construisait des usines au Brésil, en Espagne, en Tunisie...
À Wattrelos, le paternalisme des patrons trouvait aussi tout son sens, avec la création des cités-jardins, et leurs maisons aux toits en triangle, particulièrement confortables pour les ouvriers de l'époque. Un âge d'or qui a pris fin avec les années 1990. Georges Dubois a eu du mal à encaisser « l'arrêt des machines », en 2000. Il est resté encore quelques années, pour participer au déménagement jusqu'à la fermeture de 2004. - PAR WILFRIED HECQUET - roubaix@lavoixdunord.fr
18 août 2009
Matelassier : ...
... du sur-mesure et surtout, du réparable
Dany Bonvallet, dernier matelassier blésois, exerce depuis trente et un ans.
Des métiers insolites, surprenants, passionnants… Ils les exercent
et nous les racontent tout l'été.
Autrefois, les jeunes mariés recevaient en cadeau un matelas. Un bien précieux qui durait la vie, à condition de le remettre en état tous les dix à quinze ans. Jusqu'en 1968, cet état d'esprit faisait travailler vingt-deux matelassiers à Blois.
L'arrivée de nouveaux matériaux comme le latex a changé les habitudes, avec une contrepartie non négligeable, explique Dany Bonvallet, matelassier depuis trente et un ans : « Quand la mousse est tassée, ou les ressorts détendus, ce n'est plus réparable, alors on change. Un bon matelas se compose de trois éléments : la laine de mouton, que j'achète en Auvergne, du crin de cheval et la toile. Le crin, disposé entre les couches de laine, sert à raffermir le matelas. On peut ainsi concevoir sur commande un confort adapté à chacun. »
Les clients de Dany sont des fidèles. L'artisan se charge de transporter le matelas du domicile à son atelier, puis de retourner le livrer. Le matelas est entièrement démonté. La laine et le crin passés à la carde et le tout recousu avec une toile neuve. Ce travail prend en moyenne huit heures. « La société de consommation c'est bien. Mais si on fait ses comptes, à qualité égale, un matelas que je fabrique est au même prix qu'ailleurs. Sauf que le mien est réparable. Et après ça coûte moins cher que de changer », ajoute en souriant Dany, le seul artisan matelassier blésois. DR - La Nouvelle République -
Dany Bonvallet, 35, rue des Cordeliers, 41000 Blois,
tél. 02.54.78.09.58.
30 juillet 2009
Depuis 1830. ... (2)
... / ... De la laine en suint à la laine en bourre.
Initialement, et jusque dans les années 50, la laine produite par les éleveurs de la région était reçue à la filature sous la forme de toisons brutes en provenance directe de la tonte. Les achats se faisaient généralement dans les villages. Les offres de prix d'achat étaient d'abord fixées aux enchères entre les acheteurs présents. Le meilleur prix, valable pour la séance était alors affiché, et les éleveurs décidaient ensuite individuellement de vendre ou pas au prix affiché.
Les lots étaient ensuite pesés et immédiatement embarqués dans un camion en direction de la filature.
Arrivées à l'usine, les toisons, de la dimension d'une grosse citrouille, étaient ouvertes, débarrassées à la main des pailles et brindilles, et la laine était soigneusement triée en fonction de sa provenance, les fibres du dos, des cuisses et du ventre n'ayant pas la même finesse . Quelquefois, l'ouvrier chargé de cette tâche avait la surprise de découvrir, au cœur de la toison, un ou deux cailloux bien lourds, destinés à "améliorer" le poids du lot à bon compte...
L'opération suivante consistait à laver sommairement la matière à l'eau dans un bassin en forme de couronne cylindrique dont le fond était formé par une tôle percée de trous. Le bassin était alimenté par une goulotte d'eau claire arrivant tangentiellement et animant le mélange du bassin d'un mouvement circulaire rapide. Le sable, les corps étrangers divers étaient éliminés par le mouvement circulaire et le passage, à chaque tour, sous le torrent de la goulotte d'alimentation.
La laine était ensuite repêchée à la fourche, et transportée à la main au moyen de paniers d'osier, dans une grande cuve en cuivre à fond hémisphérique contenant de l'eau, chauffée à sa base par un feu de bois. Le bain était alors additionné de carbonate de sodium et de savon noir (savon de potasse), qui avait pour fonction de solubiliser le suint de la laine. Le suint est essentiellement constitué de lanoline, mélange complexe d'esters d'acides gras.
Après son passage dans la cuve, la laine était de nouveau repêchée et rincée à l'eau claire dans le bassin de lavage. Puis, la laine était mise à sécher au soleil sur une aire bétonnée. L'opération de séchage au soleil durait quelques heures (s'il faisait beau) et la laine était retournée à la main en milieu de journée. L'exposition au soleil avait également pour but de stériliser et de blanchir la laine sous l'effet des rayons ultra-violets, particulièrement actifs à 900 m d'altitude.
Puis, la laine sèche était emballée à la main dans des balles de jute, et transportée à dos d'homme vers le stockage, au dernier étage de la filature, sous les toits. Les balles de laine pesaient couramment 70 kg, et les porteurs les saisissaient avec des crochets en aciers munis de manches en bois. Il n'était pas question, alors, de trouver la charge trop lourde, ou de se plaindre de vertige en grimpant d'un pas hardi une échelle sans rampe surplombant la chambre à eau d'une des turbines... d'ailleurs, personne n'est jamais tombé...
Article complet là et pages suivantes avec : le cardage, le renvidage, le retordage, les écheveaux, l'ourdissage, le tissage, le foulage et le lainage, le tondage et la mise sous presse, et toutes les opérations menant à la fabrication du drap ou du fil à tricoter.
29 juillet 2009
Depuis 1830. ... (1)
Histoire de la filature -1-
La création de l'entreprise.
C'est vers 1830 que l'usine de filature s'installa dans les lieux qu'elle occupe encore aujourd'hui, à coté d'un moulin à blé, et au bout d'un canal dérivant une partie des eaux de la Séveraisse, qui procurait la force motrice nécessaire au moulin et à la filature. ... / ...
Il semble qu'une autre filature ait existé un temps au confluent du Drac et de la Séveraisse, au lieu dit "la Trinité".
Cette filature (ou ses exploitants) migrèrent vers la filature actuelle vers le milieu du 19ème siècle en y transportant probablement le matériel et le personnel (on délocalisait déjà à l'époque). La filature fut acquise vers 1870 par un des ouvriers tisserands, Joseph Allemand (né en 1841).
Son fils, Baptistin Allemand (né en 1870), prit sa succession et dirigea l'entreprise jusqu'en 1914.
La filature et la Grande Guerre.
La Grande Guerre (1914 - 1918) fut, pour la filature, l'occasion d'évènements majeurs. D'abord, tous les hommes valides furent envoyés au front, et le travail essentiellement masculin jusqu'alors devint féminin par la force des choses : il fallait bien continuer à travailler la laine des moutons du pays, et il fallait aussi assurer la fabrication du tissu et du fil à tricoter utilisé localement pour vêtir les gens.
... / ... Les femmes apprirent donc les métiers pratiqués jusqu'alors par des hommes, et participèrent à l'amélioration de la productivité en adaptant à leur conformation les tâches qui faisaient le plus appel à la force physique.
A cette époque, l'échange se pratiquait beaucoup : Les éleveurs-paysans venaient à la filature avec une charrette chargée de toisons ... / ... En échange, ils repartaient avec des coupes de tissu de laine (noir ou gris) pour les costumes, de la flanelle pour les sous-vêtements chauds d'hiver, et du fil à tricoter qui permettait aux femmes de confectionner des chaussettes ou des pull-overs.
La laine à tricoter était très généralement de la laine grasse, c'est à dire non débarrassée de son ensimage, préparation à base d'oléine qui permet de faciliter le travail de cardage. ... / ...
Article complet là. - La suite demain ....
07 juillet 2009
Hannapes - Ardennes
Des laines régionales en direction du Japon.
Fait assez rare, pour être signalé, les établissements Caruel, de Hannappes, dans les Ardennes, qui collectent et commercialisent la laine des ovins de notre région, avaient été choisis pour recevoir les représentants de deux grandes firmes japonaises, à la recherche de matières premières de qualités supérieures.
Yoshinori TemukaI, directeur général d'un grand groupe de supermarchés
au Japon et Toshiaki Ogura, représentant le plus important fabricant de
literie au monde, accompagnés de Paul Michau directeur du département
mohair, en Afrique du Sud, étaient reçus dans deux élevages
représentatifs de notre secteur. C'est le troupeau de M. Wuilliot
Père et Fils, de Saint-Pierremont, dans l'Aisne, qui représente la
race « Ile de France » avec de superbes animaux, tous inscrits au livre
généalogique depuis 1945, et en race « Texel », c'est l'élevage de
Christophe Pery de Harcigny, également de grande valeur, qui avait été
choisi. Enchantés, les visiteurs remercièrent leurs hôtes. Ils y ont découvert des laines qui leur conviennent parfaitement et portant la précieuse l'appellation d'origine « France ». Ils ont chargé les établissements Caruel de commencer les expéditions.
cahiereco - L'Union Champagne Ardennes Picardie L'Ardennais -
19 juin 2009
Vallée d'Aure - Sarrancolin
Le fil solide de la mémoire.
Une large gamme de pelotes à tricoter chez Chantal,
où le magasin est ouvert tous les après-midi,
de 14 heures à 18 heures.
Visite guidée du musée aux particuliers
et aux groupes sur rendez-vous au 06.83.06.24.62.
Photo G. L.
Chantal Mazière file toujours le parfait amour avec la dernière filature de Midi-Pyrénées, qui a vu le jour en 1918 avec son arrière-grand-père Élysée.
Aujourd'hui, cette filature fait partie du patrimoine rural de la vallée d'Aure. Chantal vit une véritable passion pour ce métier et veut croire en l'avenir. Cet hiver, le tricot est redevenu à la mode, et beaucoup de femmes, de jeunes filles, ont appris le tricot, le crochet. Ce qui n'est pas pour déplaire à Chantal et à la filature de Sarrancolin où elles peuvent trouver une grande variété de fils en écheveaux. De la pure laine bien sûr, fine ou grosse, de couleur naturelle ou encore chinée, mouchetée etc... De la laine mohair bien moelleuse, douce, aux coloris qui donnent envie de la tricoter tout comme le coton, le lin, la soie... Ou encore des laines de yack et d'alpaga, voire plus insolite comme celle de chameau ou surprenante avec les nouvelles fibres, au maïs naturel, au bambou, au soja, à l'ortie. Des pelotes de fil fantaisie et même farfelu avec des pompons. La mode est au mélange et les clientes se régalent devant ce choix pouvant ainsi se fabriquer à leur idée, un pull pure laine mélangée, une «œuvre» digne des plus grands stylistes. Chantal a aussi confectionné un classeur avec des créations ; ainsi chaque cliente peut apprécier les nombreux modèles déjà réalisés et glaner, des idées pour des fantaisies.
Les couturières peuvent aussi être concernées par les laines de la filature pour leur confection d'édredon doublé avec de la pure laine ou encore faire réaliser couettes et autres édredons dans l'établissement en amenant le tissu .
Des idées, il n'en manque pas à la filature, et pour les moins courageuses, les pulls, vestes en laine bouillie, chaussettes, écharpes sont déjà tricotés. Article ici : La Dépèche
26 mai 2009
Vingt fois son prix ...
Tunisie : Une couverture en laine vendue vingt fois son prix
Une couverture en laine, tissée par des artisans et artisanes tunisiens et étrangers et valant près de 60 dinars a été adjugée, dimanche, à 1150 dinars, soit vingt fois son prix réel. La vente s'est déroulée lors d'enchères publiques organisées par l'Association de sauvegarde de la médina dans le cadre de la fête régionale du Bourzguene, communément appelée fête de mayo.
L'enchère a été remportée par un citoyen de la ville du Kef qui a estimé avoir réalisé une bonne affaire tant la couverture représente, pour lui, un véritable objet d'art qu'il importe de préserver. Seif.M - African manager - Dommage, je n'ai pas de photo. J'ai trouvé ce timbre commémoration qui peut nous donner une idée du chef d'œuvre :
24 mai 2009
La « Btana » Maroc
Bien entendu, la fête du mouton qui était initialement une fête religieuse célébrant la foi en Dieu (si forte qu’elle conduirait sans hésitation au sacrifice du fils) traîne aussi son lot de superstitions.
Nous ne parlerons cependant ni du sang du mouton égorgé dont on dit qu’il peut en être fait différentes utilisations, pendant qu’il coule chaud de la gorge de la bête. Ni de l’omoplate dans laquelle, une fois l’os débarrassé de toute la viande, certains peuvent lire l’avenir...
Nous nous limiterons aux superstitions attachées à la « Btana ». La « Btana », c’est la robe en laine du mouton, son enveloppe. Dès que le mouton est égorgé, elle lui est retirée avec un art que tous les musulmans connaissent pour l’avoir vu se dérouler sous leurs yeux, chaque année, à l’occasion de cette fête.
Selon une certaine croyance populaire, dès que la « Btana » est retirée, il faut la faire enfiler par une jeune fille que l’on n’arrive pas à marier ou dont les projets sont systématiquement contrariés. En passant au travers de la « Btana » à peine arrachée au mouton, la jeune fille se voit débarrassée de tous les mauvais sorts.
Elle peut ensuite aller prendre un bain et... Attendre les bonnes nouvelles !
La « Btana » aurait aussi des propriétés médicales. Elle guérirait l’acné et effacerait les cicatrices du visage des jeunes filles qui se la passeraient sur le minois, immédiatement après qu’elle ait été retirée au mouton.
Ce que la jeune fille doit se passer sur le visage, c’est la partie intérieure de la « Btana ». Non, pas celle
où il y a la laine, mais celle qui était collée à la peau du mouton. Une fois lavée et traitée, la « Btana »
devient une très belle descente de lit et change de nom pour devenir « la Heïdora », c’était le tapis des pauvres. Aujourd’hui, les « Haïdoras » se font rares. On se contente de recueillir la laine pour en remplir les coussins et les jeunes filles acceptent plus difficilement de se salir au contact de la « Btana». (Mis en ligne le 3 janvier 2007 - Le tricot : une passion ? -) Le reporter -
19 avril 2009
Laine & sport & laine ... (2)
Denis ANDLAUER est né le 6 juillet 1949 en Alsace, au pied du Mont Sainte Odile.
Il est né sur « Gaïa », cette planète « Terre » qui l’interpelle à tous les niveaux.
... / ...
Autodidacte, il s’est lancé dans l’expression artistique au travers de
la Tapisserie de Basse lisse depuis 1974. Ses œuvres jouent avec la
laine et traversent la symbolique de la psychologie humaine en sondant
les chemins de notre âme.
... / ...
Quelques expositions à droite et à gauche …
De tapis, je n’en ai
ni au Japon
ni aux USA.
Mes inspirations sortent du plus profond de moi-même.
Elles sortent du plus profond de l’être humain.
Aussi je « suis »
Et mon tapis « est »
Il est humain
Et je le sens universel.
T’y retrouves-tu ?
Moi aussi j'ai un mot à te dire
Dimensions : 1,35 x 0,94 m
Date de réalisation : 1984
Allez visiter le site qui lui est consacré, clic ici.
18 avril 2009
Laine & sport & laine ... (1)
Le prof de sport tapissier.
La salle des Saints patrons de la mairie d'Obernai sert de cadre à une exposition qui sort un peu de l'ordinaire. Denis Andlauer, qui a des racines familiales à Rosheim, est professeur de sport. Durant ses heures de loisirs, il s'adonne à sa passion qui consiste à réaliser des tapisseries contemporaines en laine.
Artiste autodidacte, il a été attiré par l'art dès sa jeunesse. Il s'est formé au cardage, au filage et à la teinture de la laine et raconte que ce travail constitue une véritable alchimie. Faire rêver Samedi, dimanche, lundi et mardi, le public pourra suivre sur place le cardage et le filage de laine de mouton. Les visiteurs pourront admirer des tapisseries de basse lisse et du décor mural d'intérieur. Pour réaliser ses œuvres, Denis Andlauer a construit deux métiers à tisser dans son atelier. ...
L'exposition est ouverte tous les jours de 10 h à 12 h et de 13 h 30 à 19 h.
Entrée libre - Article paru dans DNA du 17 Avril 2009 ... La suite demain


