Histoire & tricot

30 janvier 2012

Vêtement en fil d'araignée

Cape araignée: un vêtement en fil d'araignée orb présenté à Londres.

slide_205930_633590_largeMoins trash que la robe en morceaux de viande de lady Gaga, la cape en soie d'araignée. Quatre ans ont été nécessaires pour concevoir ces objets uniques, une cape, et un châle, exposés à partir de mercredi 25 janvier au Victoria and Albert Museum à Londres.
Ils sont l'œuvre d'un Anglais, Simon Peers, et d'un Américain, NicholasArgiope-P041885 Godley, établis depuis longtemps à Madagascar, qui se sont inspirés d'illustrations du 19e siècle évoquant cet art largement disparu. Les vêtements couleur or ont été conçus avec le fil de soie produit par plus d'un million d'araignées. Ce sont les seuls tissages de cette taille au monde réalisés à partir du travail d'arachnides.
La dernière création en soie d'araignées connue remonte à la fin du XIXe siècle. Elle avait été présentée à Paris lors de l'Exposition universelle, mais il n'en reste aucune trace, selon le Victoria and Albert Museum, un des principaux musées de Londres.
Pour réaliser cette pièce de soie de 4 mètres, naturellement de couleur or, des araignées femelles de l'espèce "golden orb" ont été ramassées chaque matin dans la nature. En moyenne, 23.000 araignées produisent 28 grammes de soie. Des ouvriers spécialisés ont extrait la soie de 24 d'entre elles simultanément, puis le fil a été tissé à la main. Les araignées ont toutes été relâchées ensuite dans leur milieu naturel, assure le musée.
 - Le Huffington Post -

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13 janvier 2012

Ariège: quel devenir pour la laine?

lainessUn peu long mais intéressant !

Il y a quelques décennies encore, on élevait les brebis pour vendre leur laine. La tonte était un moment de récolte, de bénéfices pour les agriculteurs. Mais ces temps là sont révolus.

Aujourd’hui, la laine est très officiellement (depuis 2002) considérée comme un «sous-produit animal» par l’Union Européenne.

Et si les éleveurs doivent toujours tondre leurs moutons pour des raisons sanitaires (une fois par an environ), nombreux sont ceux qui ne vendent même plus le fruit de la tonte.
Pourtant, une poignée d’irréductibles se battent pour faire reconnaître que cette matière première a encore un rôle à jouer, et qu’elle est loin d’être un sous-produit.
La laine est «noble et de grande qualité» insiste Marc Touazy, tondeur depuis plus de dix ans (installé comme éleveur depuis peu à Saint-Paul-de-Jarrat), aussi président de l’Association nationale des Tondeurs de Moutons.
Mais avant de parler de la laine, un des principaux problèmes est «la disparition du monde ovin. Il y a un vrai problème de rémunération dans ce métier»
En Ariège, il y avait 756 éleveurs en 1991. Ils n’étaient plus que 538 en 2008.
Sans mouton, pas de laine. C’est imparable. Mais il n’y a pas que ça.

La laine est intégrée à ses risques et périls dans le tourbillon de l’Economie mondiale, «toutes les laines françaises sont exportées. Il n’y a plus d’industries lainières en France qui ont été délocalisées [...] C’est une matière première, cotée en bourse, comme le pétrole»

Et avec les prix actuels, côté éleveur, la vente de laine ne rembourse pas le coût de la tonte.

Le fait est qu’aujourd’hui la tonte n’est plus une récolte, c’est un coût. Une charge qui pèse environ 1,30€ par brebis pour les agriculteurs.

D’où une dégradation de la situation, avec un produit peu à peu délaissé, «les éleveurs ne font plus le travail génétique qui permet d’avoir de la laine de qualité. Et les gens n’ont plus été motivés pour récolter correctement. Par exemple: une laine pleine de paille devient inutilisable»

Autre conséquence: le métier de tondeur est peu reconnu (il y aurait une dizaine de tondeurs en Ariège). C’est pourtant un métier à grande technicité, qui ne s’improvise pas.

«On a aussi dissocié la production de viande et de lait, de la production de laine» précise Marc Touazy, «alors que ces différentes activités ne sont pas incompatibles»
A première vue, l’état des lieux s’annonce donc assez compliqué pour la filière, «on a perdu notre savoir-faire. Et si on veut revenir en arrière, ça va être très compliqué»
bélier tarasconnaisMais tout n’est pas perdu, «en ce moment, une fenêtre s’ouvre car les deux gros producteurs (l’Australie et la Nouvelle Zélande) connaissent des difficultés. Et les cours de la laine sont remontés»
De même, cette matière première (qui, dans le passé, était utilisée partout: dans les maisons, les matelas, pour les vêtements) a été remplacée par l’industrie pétrochimique.
Avec la raréfaction des ressources (et l’augmentation de leur prix), un retour à des matières plus «écologiques» ne relève pas de la science fiction.
Dans la vallée de Niaux, Jean-Jacques Laffont transforme la laine depuis des années, dans sa filature (léguée de génération en génération depuis 1867).
Lui aussi a l’intuition que des lendemains plus «environnementaux» attendent la laine, qui n’a pas dit son dernier mot.
Les arguments sont infaillibles. Dans sa filature, «on produit la laine localement. On la transforme sur place. Et on la vend sur place»
mérinosSans oublier la base: «la laine est un produit naturel»
Depuis des années, ce passionné travaille avec les éleveurs pour améliorer la qualité et la finesse de la laine.
Avec une obsession: obtenir un produit agréable au toucher, le moins rugueux possible.
Le travail de l’éleveur n’en sera que mieux valorisé selon lui, «de la laine de tarasconnaise est vendue entre 50 centimes et 80 centimes d’euros. De la laine Mérinos par exemple est vendue entre 1,50€ et 2€»
Voila donc le pari: miser sur la qualité comme seul salut, face à une industrie textile mondialisée et à un impondérable: «transformer ce produit demande du temps et de la main d’œuvre»
Conclusion? La filière de la laine n’a pas dit son dernier mot, «il faut partir de la base avec les UPRA, la chambre d’agriculture, les tondeurs, les éleveurs [...]
Avec tous les gens qui s’impliquent, on pourra avoir un beau produit et qui pourra, non pas concurrencer, mais rivaliser avec d’autres produits étrangers qui coûtent moins chers, parce que la main d’œuvre est moins chère»

Qualité, Ecologie, Filière courte... autant de mots lancés qui appellent, tous l’espèrent, de nouveaux débouchés pour la laine. - Anne-Sophie Terral - ariegeNews.com -

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10 janvier 2012

Orties textiles

Ortie de Chine ou Ortie blanche (Urtica nivea)
Ortie-BlancheOrties textiles pour supplanter avantageusement le coton, le chanvre et le lin ?
Il y aurait intérêt, suggère un chroniqueur du Magasin pittoresque en 1884, à introduire dans l’agriculture française des plantes d’une culture facile, et dont les fibres, bien supérieures comme longueur et comme résistance à celles du coton, du chanvre et du lin, se rapprocheraient de la soie par leur souplesse et leur éclat.
Les substances textiles ont, dans l’industrie française, un rôle des plus importants, nous explique-t-il, ajoutant que, malheureusement, l’agriculture est incapable jusqu’à ce jour de fournir à nos fabriques de tissus la totalité des matières premières nécessaires à leur travail. En 1879, par exemple, l’importation s’en est élevée à 950 millions de francs, près d’un milliard.
On trouve ces qualités dans plusieurs espèces d’orties, dont les deux principales sont l’Ortie de Chine (Urtica nivea) et la Ramie (Urtica utilis, Urtica tenacissima). Les orties textiles sont vivaces comme celles de nos pays ; circonstance favorable, car elle évite la peine de les semer chaque année, ainsi qu’on est obligé de le faire pour le lin ou le chanvre. Quelques botanistes en font un genre particulier, le genre Boehmeria, parce qu’elles sont dépourvues de dards, ce qui en rend le maniement facile.
L’ortie de Chine ou ortie blanche appartient aux climats tempérés et convient, par conséquent, à la plus grande partie de la France : elle pousse très vigoureusement et peut donner deux et même trois coupes dans une année. La ramie, originaire des îles de la Sonde, se cultive à Java, à Sumatra et dans les provinces méridionales de la Chine. On pourrait l’acclimater dans le midi de la France. Sa puissance de végétation est encore supérieure à celle de l’ortie blanche, et l’on en tire souvent quatre récoltes par an. Il paraît, en outre, que ses feuilles nourrissent un ver particulier qui donne une fort belle soie.
Les fibres textiles des orties sont fort longs (plus de 50 centimètres), et d’une ténacité telle qu’un fil d’ortie de la grosseur d’un fil à coudre ordinaire ne peut être cassé à la main. Elles sont remarquables par un éclat et un brillant qui donnent aux tissus en fil d’ortie l’apparence d’étoffes de soie. ... / ...
La culture des orties textiles ne présente aucune difficulté. ... / ...
L’utilisation des orties textiles présentait une difficulté sérieuse : c’était l’extraction des fibres et leur séparation des autres parties de la tige. ... / ...
Le problème est aujourd’hui résolu : ... / ...
Article complet là : La France pittoresque

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06 janvier 2012

Alpes-de-Haute-Provence -

La laine entièrement valorisée grâce à un Pôle d'Excellence Rurale à Sisteron

Moutons_TranshumanceC’est un projet unique en France qui doit voir le jour au printemps 2012 dans les Alpes-de-Haute-Provence à Sisteron. Une étude de faisabilité, financée en 2009 par la région Provence-Alpes-Côte-D’azur, a révélé que près de 1200 tonnes de laine n’étaient pas valorisées pour le textile en région. Un manque à gagner important pour les éleveurs de la région qui doivent, selon les réglementations, tondre l’ensemble de leurs cheptels. Pour soutenir la filière ovine, un Pôle d’Excellence Rurale (PER) a été imaginé. Son nom : « Alpes Provence Laine », une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). L’objectif est de collecter et de racheter la laine, jusque là non commercialisée, afin d’en faire de l’isolant écologique bio-sourcé, donc de l’isolant naturel, pour les habitations.

Le bâtiment, qui doit accueillir la seule colonne de lavage de laine de mouton en France, est un bâtiment pilote et hybride. « Ce bâtiment va répondre aux normes BBC (bâtiment basse consommation énergétique). Il va être isolé avec des panneaux en laine de moutons. Le bâtiment va faire l’objet d’un suivi. Grâce à des appareils de mesures, nous allons pouvoir suivre le vieillissement des produits installés », a expliqué à la radio Alpes 1, Jean-Marc Laine, directeur du PER « Alpes Provence Laine ».

Chaque année, dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence, entre 500 et 600 tonnes de laines considérées comme des déchets ne sont pas valorisées. Les toisons seront traitées et proposées à des industriels, installés sur le parc d’activités Sisteron-Val de Durance. Des conventions de partenariat ont déjà été signées avec près de deux cents éleveurs de la région Provence-Alpes-Côte-D’azur. Les travaux devraient débuter le 19 janvier. Le début de l’exploitation est prévu pour juillet prochain. Selon les responsables du projet, près de 600 tonnes de laine pourraient être valorisées en isolant naturel d’ici 2015.

Le projet « Alpes Provence Laine » a nécessité un investissement de plus d’un million d’euros. Il a été subventionné à 35% par l’État, le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte-D’azur et le Conseil Général des Alpes de Haute-Provence. « Alpes Provence Laine » est le seul projet à avoir été labellisé Pôle d’Excellence Rurale (PER) dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en 2011. - Alpes-1 -

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03 janvier 2012

Bagnères-de-Bigorre. La laine ...

... plus qu'un objet de consommation
201201031185_zoomTonte annuelle en mai pour Vie d'estive./Photo F.C.

La filière
Éleveurs, tondeurs, négociants, entreprises de filature, créateurs français, espagnols et belges mais aussi organismes publics (communauté de communes, conseil général, Parc national) étaient présents aux Rencontres internationales de la laine à Bagnères, en novembre dernier. Ensemble, ils se sont interrogés sur les perspectives économiques d'une filière laine dans le massif des Pyrénées.
Si le marché observe un intérêt réel pour une matière naturelle, les impératifs techniques et économiques restent dominants. L'histoire des Pyrénées souligne le rôle de l'élevage et du travail de la laine dans la survie des populations locales, mais le contexte mondialisé oblige à une réflexion et à l'étude aux perspectives réalistes. La laine française est majoritairement exportée vers l'Asie pour sa transformation. Disparition des unités de traitement dans les régions de production, coût du transport, manque de traçabilité, sont autant de raisons qui, faute de réaction rapide, mèneront à la disparition des savoir-faire.
Relance
Pour les éleveurs, la laine n'est plus une priorité mais une charge. Pourtant, certains d'entre eux veulent tenter l'aventure d'une relance de la filière. ... / ...
Le travail de la filière et la restructuration d'un secteur seront envisageables s'ils s'accompagnent d'une réelle capacité à valoriser un produit fini. ... / ...
Il ne s'agit pas de développer des productions commerciales à grande échelle mais au contraire d'étudier et de tester les possibilités de création en fonction des caractères propres à chaque race. Les Rencontres ont souligné l'urgence à mobiliser toutes les énergies pour sauver les petites unités existantes et à étudier les opportunités de création locales nécessaires à la survie de l'ensemble des acteurs de la chaîne (stades de la collecte, du tri et du lavage de la laine brute). L'intérêt des transformateurs et des consommateurs pour des laines issues de l'élevage pyrénéen passera par une information transparente, une amélioration de la qualité des laines et une structuration de la filière. Il répondra au besoin des créateurs, à la redécouverte d'une ressource renouvelable et naturelle et participera à la reconnaissance d'une diversité des races et du savoir pyrénéen.


Florence Coste - La Dépèche -
Contact : Halte-Laaa, tél. 06.31.03.27.45 ou 06.67.65.57.92
Avec la participation de Yan Brianti-Gaye info@viedestive.com

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02 décembre 2011

Tapis design en laine

tapis-a-motif-01783... / ... Quels tapis préférez-vous ? Il en existe plusieurs types mais certains sortent du lot, grâce à leur qualité et à leur valeur : c’est le cas des tapis design en laine. Ils représentent la quintessence de cette industrie textile et sont de plus en plus appréciés par tous les amateurs de complément d’ameublement car ils sont à la fois beaux et précieux. Ces produits ont trois caractéristiques principales les distinguant des autres : les fibres utilisées, le projet à leur origine et enfin la manière dont ils sont réalisés.

En ce qui concerne les fibres utilisées pour le tissage du tapis, il ne fait aucun doute que la laine est l’une des meilleures solutions. La laine est utilisée depuis la nuit des temps et rencontre toujours beaucoup de succès et ce pour différentes raisons. Tout d’abord, elle est très appréciée pour sa douceur et pour la sensation de chaleur qu’elle confère au tapis. Même seulement au niveau tapis-a-motif-01786visuel, un tapis réalisé avec une fibre naturelle comme la laine communique une sensation de chaleur et d’accueil et se révèle être supérieur par rapport à un tapis tissé avec des fibres artificielles. La laine n’est pas seulement considérée comme la meilleure matière, uniquement pour cela ; de nombreux avantages supplémentaires en font le choix le plus judicieux. En effet, c’est également un excellent isolant thermique, ce qui lui permet de conserver la chaleur d’une pièce et d’isoler le sol du froid. La laine arrive également à emprisonner la saleté et la poussière, maintenant ainsi l’air plus propre. Il existe dans le commerce différents types de laine et les meilleurs tapis sont réalisés avec la laine la plus belle et la plus précieuse. ... / ...
Cependant, les fibres utilisées dans la fabrication de ces magnifiques tapis design constituent seulement un des facteurs les rendant si précieux. Un autre élément très important vient de la conception du tapis, qui est étudié dans les moindres détails par les meilleurs stylistes en matière de décoration. Ils en déterminent la forme, la couleur et les motifs : tout doit contribuer à créer un produit unique et parfait, caractérisé par son style et son caractère. Bien sûr, comme dans le cas des fibres, la compétence du styliste fait la différence : il peut créer des pièces d’une valeur inestimable inspirées par son imagination, ses idées et sa créativité.

Enfin, le dernier aspect important rendant un tapis vraiment précieux vient de sa réalisation. Il existe en effet des procédés, qui sont très différents du tissage industriel, en raison de leur complexité, de leur attention aux détails et qui font toute la différence. Derrière ces techniques, il y a la patte de maîtres artisans tissant à la fois selon des techniques antiques et des procédés modernes, pour un résultat vraiment particulier. C’est le cas de la technique du ciselage à la main, qui arrive à créer un merveilleux effet 3D obtenu par différentes hauteurs de poils ; un autre exemple est l’effet vieilli, obtenu avec une double teinture des fils avec lavage final et qui réussit à donner au tapis une couleur non homogène au style antique. ... / ... Article là : - Dott.ssa Chiara Bardini -

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18 novembre 2011

Confection Raveleau : 110 ans dans le textile

112953762_sliderPauline Arlot et ses cinq enfants en 1910, devant la fabrique du 32, rue Saint-Just (ancien nom de la rue de la Paix). - (Photo sd, extraite du livre de Max Aubrun et Christian Guerrier)

La fabrique de gilets de laine Arlot est née en 1901. Béatrice Raveleau, quatrième génération, tient un commerce ambulant de confection.
C'est la seule famille de notre série qui n'a plus de pas-de-porte en ville, « simplement » un commerce ambulant de confection, que les Chauvinois retrouvent le mardi et le samedi matin sur le marché. Au volant, Béatrice Raveleau, une Chauvinoise de 50 ans, quatrième génération d'une dynastie commerçante.
Ce sont ses arrière-grands parents, Louis Arlot et Pauline Delafond, qui ont commencé l'aventure en créant, en 1901, une fabrique de vêtements de laine (gilets, bas, chaussettes...), rue de la Paix.
 
'' Jusqu'à 31 marchés par mois ''
En 1924, Eugénie, fille de Louis et Pauline, tricoteuse de formation, reprend l'entreprise avec son mari Émile Chaumeau. Il y a non seulement la fabrique, mais aussi la vente (boutique et marchés).
Trente ans plus tard, c'est au tour de la fille Marguerite et son mari Gilbert René, de prendre les rênes. Ce dernier, âgé de 82 ans, raconte : « J'ai arrêté la fabrication au début des années 70. Avec seulement une ouvrière pour m'épauler, je ne pouvais pas tout assurer. Avec la boutique et les marchés, il y avait bien assez à faire. On travaillait 16 heures par jour. Il n'y avait que la nuit qui nous arrêtait, et encore... J'ai fait jusqu'à 31 marchés par mois, parfois deux par jour ! »
Gilbert se souvient aussi de ses quinze premières années à la tête de l'entreprise. En plus de la fabrication et de la vente, il allait dans les fermes pour acheter de la laine et la vendre à des fabricants de matelas. « Je portais des balles de laine de 100 kg ! »
A ses côtés, sa fille Béatrice hoche la tête, admirative. Elle a repris l'activité en 1997, mais seulement la partie marchés. « Tenir le magasin, ça ne m'intéressait pas. Je trouvais plus sympa de faire les marchés. Et comme j'étais toute seule à reprendre... »
 
'' Les marchés sont en train de s'éteindre ''
Chaque semaine, elle sillonne le département : Lencloitre, Montmorillon, Gençay, Lussac, Chauvigny... Et comme beaucoup de ses collègues forains, les temps sont durs : « Nos clients fidèles décèdent les uns après les autres. Le '' fabriqué en Chine '' a tué les vendeurs de textile de qualité comme nous. »
La commerçante sourit beaucoup, ne donnant pas l'impression de se laisser abattre. Mais elle reste lucide sur l'avenir : « Mes enfants ne prendront pas la suite. Ça ne leur plaît pas. Le jour où j'arrêterai, l'activité s'arrêtera. Et si ça continue comme ça, je pense que j'arrêterai même avant la retraite... »
Pour elle, les marchés sont en train de s'éteindre. Même si elle met celui de Chauvigny un peu à part : « Ça reste un joli marché. Dans le département, c'est encore celui où on travaille à peu près bien, avec Lencloître. »
Son père la taquine : « Il y a 30 ou 40 ans, on disait déjà que les marchés allaient disparaître... » La réponse de Béatrice ne tarde pas : « Papa, tu n'as jamais connu un commerce aussi bas qu'aujourd'hui ! »
Dates-clés
1901 : Louis Arlot et Pauline Delafond ouvrent la fabrique de gilets de laine, rue Saint-Just (ancien nom de la rue de la Paix).
1924 : Eugénie Arlot, fille de Louis et Pauline, reprend l'activité avec son mari Émile Chaumeau. La maison Arlot devient la maison Chaumeau.
1953 : Marguerite Chaumeau, fille d'Eugénie et Émile, et son mari Gilbert René, gendre d'Eugénie et Émile, reprennent l'activité. La maison Chaumeau devient la maison René.
1970 : La fabrique René ferme ; ne reste que la boutique de la rue de la Paix et la vente sur les marchés de la région.
1997 : Béatrice Raveleau, fille de Marguerite et Gilbert, reprend l'activité marchés, mais pas le magasin, qui ferme.                - Anthony Floc'h - la Nouvelle République - 

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17 novembre 2011

le yak, bête à tout faire

2yackLa fibre de yak, une source alternative de la laine cachemire

La Mongolie est le deuxième producteur mondial de laine cachemire derrière la Chine, grâce à ses immenses troupeaux de chèvres domestiquées. Cette aubaine pour les éleveurs, combinée à l'engouement pour le cachemire, a toutefois fortement accéléré la désertification de la steppe depuis une quinzaine d'années.

Un programme européen piloté par Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) a permis à la coopérative du Khangaï et ses 120 éleveurs de développer la valorisation de la laine du yak, bête à tout faire du pays. En 2011, la coopérative a exporté 1,6 tonne de fibres vers l'Europe et table sur 5 tonnes l'an prochain. Proche en qualité du cachemire classique, cette fibre est déjà utilisée notamment par la filature française Fonty.

Les partenaires jouent actuellement la carte équitable et écologique pour convaincre les industriels du luxe comme Hermès de diversifier leurs approvisionnements. « La chèvre broute en arrachant les plantes, contrairement au yak », justifie Daniel Mauroy, qui représente la coopérative en France. - Matthieu QUIRET - Les Echos -

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16 novembre 2011

Des chèvres avec des papiers

14975590Une bergerie ou on ne file pas que du mauvais coton.

Adolescente, Véronique Debié avait un projet. Aujourd'hui, à 53 ans, elle l'a concrétisé. Voilà quatre ans qu'elle fonce tête baissée, sans jamais se laisser impressionner par les obstacles.
Et le résultat, c'est « Couleur mohair », sa bergerie de quatre hectares, où elle élève cinquante chèvres angora. « Des chèvres avec des papiers », précise-t-elle, soulignant le pedigree de ses bêtes et donc la qualité des pulls, bonnets et autres écharpes en mohair qu'elle propose à la vente.
«Mais il y a huit ans quand j'ai ressorti mon vieux projet des cartons je n'y connaissais rien. »Titulaire d'un brevet de responsable d'exploitation agricole, Véronique est aussi assistante sociale à mi-temps. « Je ne voulais pas abandonner mon métier sans être sûre de la pérennité de la ferme.» D'où l'angora plutôt que le lait : « L'élevage laitier est contraignant à tous les niveaux et incompatible avec une deuxième activité. »
Tonte en direct
Elle se partage donc entre ses deux métiers. Et quand elle a un peu de temps - « Je fais en sorte de le prendre » -, elle s'assied sur son banc avec une tasse de thé et réfléchi à l'avenir. Car désormais l'exploitation est rentable. « Ça me permet de dégager un petit revenu.» Véronique envisage donc d'arrêter de travailler. Surtout, elle a de nouveaux projets. Ouvrir une vraie boutique, notamment. Parce que son cabanon magasin, elle le trouve vétuste.
N'empêche que ça marche. Peut-être pas toute l'année, mais en été, Véronique reçoit jusqu'à quinze personnes chaque jour. Sa présence épisodique sur les marchés et le site Internet réalisé par son époux l'aident à se faire connaître.

Couleur mohair, 200, chemin de Colombades à Sainte-Anastasie. Renseignements auprès de Véronique Debié au 06.14.49.35.80.  - Article là : varmatin.com -

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06 novembre 2011

MOUY Au temps de la serge de laine


Au-temps-de-la-serge-de-laine_referenceAnnie Guyard-Commien (à gauche) a dédicacé son livre à la médiathèque.

Descendante de maîtres sergers, Annie Guyard-Commien vient d'éditer un ouvrage retraçant l'histoire de cette étoffe et les étapes de sa fabrication.
Du XVIe au XVIIIe siècle, la région de Mouy était le paradis des artisans tisserands de draps et de serge de laine. Ils étaient encore plus de 700 en 1837 avant de disparaître rapidement vers les années 1840, victimes de l'industrialisation et de l'apparition des filatures.
Autant d'informations méconnues mais aujourd'hui rendues accessibles au grand public grâce au livre que vient d'éditer Annie Guyard-Commien. Cet ouvrage intitulé La serge de laine et illustré de nombreuses œuvres d'art aura demandé dix années de patientes recherches documentaires.

Descendante de maîtres sergers, attachée au Centre de documentation du musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq de l'Isle-Adam (Val d'Oise), Annie Guyard-Commien a été enseignante et conseillère pédagogique à l'IUFM d'Auteuil. «C'est mon premier livre et c'est une épreuve terrible. Mais c'est un grand plaisir de faire des recherches», indique l'auteure.
Les tailleurs de luxe la recherchent
Apparue au néolithique, originaire très probablement de la technique du tissage de la soie en Chine, puis parvenue en Europe au cours de nombreuses migrations, la serge de laine a connu de nombreuses utilisations. La solidité de sa texture et ses qualités d'aspect ont permis de l'adapter à des usages aussi variés que l'habitat, l'habillement, les décors de théâtre, les costumes de cérémonie et la confection d'accessoires militaires. De nos jours, elle est l'un des textiles les plus recherchés des tailleurs de luxe.

9782757204597Cet ouvrage (288 pages, 160 illustrations) retrace l'histoire d'une étoffe méconnue, les étapesserge de sa fabrication, les règlements chargés de protéger sa production et les échanges commerciaux dont elle fut l'objet. La serge de laine désigne l'une des trois principales armures de tissage textile (avec la toile et le satin), l'armure étant le mode d'entrecroisement des fils. C'est une étoffe qui se caractérise par la présence de côtes obliques. Elle peut être faite de laine mais aussi de lin, de coton. La serge de laine de qualité n'est plus fabriquée qu'en Grande-Bretagne et en Espagne.
Courrier Picard

Contact: lasergedelaine@sfr.fr

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